Quand la patrie parle au coeur des hommes : Oh ma patrie, si belle et perdue !

Créée en 1842 à Milan par Verdi, Nabucco raconte la révolte et la souffrance des Hébreux exilés à Babylone par Nabuchodonosor. Lors de sa création, les patriotes de Jeune-Italie ont immédiatement considéré un de ses chants, “Va Pensiero”, comme un hymne à la libération du territoire italien de ses oppresseurs autrichiens.

Le 12 mars 2011 Riccardo Muti dirige Nabucco au Teatro dell’Opera di Roma à l’occasion du 150e anniversaire de l’Unité italienne (17 mars 1861). La représentation est retransmise par la chaîne de télévision franco-allemande de service public Arte. Cette représentation du Va pensiero donne lieu à réactions de la salle, sur lesquelles réagit Riccardo Muti, qui exceptionnellement accorde un bis du chant, en demandant à l’assistance de se joindre au chœur.

Dans le Times de Londres, Riccardo Muti raconte l’ambiance: « Au tout début, il y a eu une grande ovation dans le public. Puis nous avons commencé l’opéra. Il se déroula très bien, mais lorsque nous en sommes arrivés au fameux chant Va Pensiero, j’ai immédiatement senti que l’atmosphère devenait tendue dans le public. Il y a des choses que vous ne pouvez pas décrire, mais que vous sentez. Auparavant, c’est le silence du public qui régnait. Mais au moment où les gens ont réalisé que le Va Pensiero allait démarrer, le silence s’est rempli d’une véritable ferveur. On pouvait sentir la réaction viscérale du public à la lamentation des esclaves qui chantent : « Oh ma patrie, si belle et perdue ! ».

Va, pensiero, sull’ali dorate ;

Va, ti posa sui clivi, sui colli,

Ove olezzano tepide e molli

L’aure dolci del suolo natal !

Del Giordano le rive saluta,

Di Sionne le torri atterrate…

Oh mia patria sì bella e perduta !

O membranza sì cara e fatal !

Arpa d’or dei fatidici vati,

Perché muta dal salice pendi ?

Le memorie nel petto raccendi,

Ci favella del tempo che fu !

O simile di Solima ai fati

Traggi un suono di crudo lamento,

O t’ispiri il Signore un concento

Che ne infonda al patire virtù !

 

Va, pensée, sur tes ailes dorées ;

Va, pose-toi sur les pentes, sur les collines,

Où embaument, tièdes et suaves,

Les douces brises du sol natal !

Salue les rives du Jourdain,

Les tours abattues de Sion …

Oh ma patrie si belle et perdue !

Ô souvenir si cher et funeste !

Harpe d’or des devins fatidiques,

Pourquoi, muette, pends-tu au saule ?

Rallume les souvenirs dans le cœur,

Parle-nous du temps passé !

Ô semblable au destin de Solime

Joue le son d’une cruelle lamentation

Ô que le Seigneur t’inspire une harmonie

Qui nous donne le courage de supporter nos souffrances !

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